9 décembre 2009

Chose vue 17 : au bout des doigts

Il y a quelques jours, dans le centre commercial Mammut de Buda.

Jour de courses. On se traîne avec des sacs à ne plus savoir qu'en faire. D'aucuns se donnent rendez-vous dans la galerie marchande pour lécher les vitrines avec un détachement feint. D'autres y promènent leurs enfants.

Comme on ne sait plus où mettre la publicité et que même les dessus d'urinoirs sont pris, des malins ont installé d'imposantes colonnes sur le chemin du consommateur, entre les deux rangées de boutiques, avec des images qui tournent sur elles-mêmes.

Sur celle qui occupe l'angle avant la sortie, on aperçoit une jeune femme en sous-vêtements qui semble très épanouie. Au moment où elle passe de son côté, un gamin de sept-huit ans change soudain de direction, se précipite et, en poussant des cris joyeux, plaque une main gaillarde sur la poitrine du modèle. Avant de repartir en trottinant.

8 décembre 2009

Ars longa


En passant, voici quelques critiques internet de Homo Vampiris (dont voici une magnifique représentation 3d ci-contre, au cas où tu ne connaîtrais pas encore la couverture). La première vient de Noosfere, une autre de Mythologica, du blog de la Librairie Critic, et le blog de Temps de livres.

Sache également que tu trouveras, outre ceux qui sont sur ce blog, des extraits du bouquin sur Psychovision. Ce sont en fait deux chapitres raccourcis qui te donneront une idée de l'ensemble.

J'ai répondu à une question sur l'avenir des littératures de l'imaginaire, en même temps que deux autres auteurs Mnémos : Jacques Martel et Eric Holstein. C'est aussi sur Mythologica.

Tant que j'y suis, j'ai appris récemment que mon Océan des étoiles faisait partie d'une sélection de huit romans pour le Prix des collégiens de la ville de Vannes. Je ne sais pas ce que ça donnera au final car les autres bouquins ont l'air très bien (il y a même un John Heliot et un Jean-Paul Nozière) mais c'est toujours plaisant.

Dernière chose, je te rappelle que je suis à Sèvres samedi prochain. Seras-tu là ?

7 décembre 2009

Sondage décérébré de décembre


C'est avec un inexcusable retard que je te livre les résultats de l'invasion extra-terrestre de notre planète. La première révélation est forte puisqu'on apprend que Van Damme est un extra-terrestre !

En effet, 40% des gens qui passent sur ce site voudraient être envahis par Jean-Claude Van Damme, 30% par des Bisounours et 10% par ET. Restent quand même 20% de masochistes qui aimeraient être colonisés par des Predator. Les Aliens font encore peur puisqu'ils ne s'attirent que 5% des suffrages. Je termine par les 35% de voyeurs rusés qui aimeraient que tous arrivent en même temps et se massacrent entre eux.

Si toi aussi, tu trouves que c'est vraiment n'importe quoi, vote à ton tour. En voici l'occasion avec un sondage raccourci au niveau temps comme au niveau réflexion.

Qu'en penses-tu ?
  • Sans opinion
  • Ne se prononce pas
  • Autre
  • Je t'en pose, moi, des questions ?
  • Jean-Claude Van Damme
Ne réfléchis pas trop : c'est bientôt Noël.

Image : source Wikipedia, Kasimir Malevitch, Composition suprématiste : carré blanc sur fond blanc (1918)

29 novembre 2009

The Wire ou la fresque pointilliste


Il y avait longtemps que je ne t'avais pas parlé de séries. Ça tombe bien, je viens de finir les cinq saisons de The Wire (Sur écoute en français mais c'est à regarder absolument en anglais). Diffusée entre 2002 et 2008 sur HBO, l'une des chaînes les plus créatives en la matière (c'est-à-dire Rome, In treatment, Carnivàle...), la série traite du trafic de drogue dans la ville de Baltimore, chaque saison étant consacrée à un milieu : la rue, les docks, la politique, l'école, les médias.

Au début, ça ne fait pas grande impression. L'image est assez terne voire laide, les prises de vue classiques voire triviales. On se dit qu'on va assister à une énième série policière. Erreur. Rapidement, on se rend compte que Baltimore est une ville dont la population est composée aux deux tiers de noirs. On en trouve donc partout dans le casting, du côté des dealers comme des policiers, des pauvres comme des riches, des "gentils" comme des "méchants". C'est une première surprise alors qu'on est plutôt habitué à du blanc avec un noir de service pour le quota ethnique.

La narration ne nous aide pas, au début, à nous accrocher aux personnages. Elle est lente, éclatée, lacunaire, elliptique. Il faut attendre une bonne moitié de la première saison (soit six épisodes) pour réellement devenir accro. On se rend compte que les personnages de dealers et de policiers sont traités exactement de la même manière, avec leurs problèmes de vie quotidienne. L'héroïsation est loin de chaque côté, mais on finit par s'identifier à tout ce monde qui évolue sous nos yeux.

Peu à peu, des trames se dessinent, des figures s'imposent. Mais il ne faut pas s'attendre à voir le bien triompher et le mal être puni. Le réalisme le plus strict est de mise. Certains se sortiront de ce monde du trafic que l'on appelle "the game", et d'autres pas. On nous met en vedette un personnage avant de nous le faire disparaître pour plusieurs épisodes, voire de nous le tuer. Les scénaristes jouent avec nos attentes pour les déjouer sans cesse. Si l'on cherche une fiction rassurante, il vaut mieux passer son chemin.

Même si une cellule de police qui met sur écoute les trafiquants (d'où le titre) sert de lien, le personnage principal est la ville de Baltimore que l'on explore de long en large. Et les différents points que l'on a aperçus finissent par former une fresque gigantesque où les destins individuels prennent des allures tragiques, au sens où celui qui oublie sa condition d'homme (de la rue), subit une punition quasi divine qui le remet à sa place. Voir Stringer Bell ou McNulty par exemple. Encore une histoire d'hubris et de némésis, mais de la plus belle eau. La fin de la série nous renvoie même à un cycle infernal.

L'écriture inventive des auteurs nous surprend toujours avec des idées culottées, sans jamais jouer sur le voyeurisme ou la violence gratuite. Certains dialogues sont particulièrement délectables et drôles. D'autres vous remuent pour un moment. Les personnages sont formidablement joués et restent longtemps en mémoire : Omar, Proposition Joe, Lester, etc... Bref, on tient là un véritable chef-d'oeuvre. Et si tu ne me crois pas, va voir par toi-même.

17 novembre 2009

Pourquoi les vampires ?


Je profite de ce que Homo Vampiris vient finalement de sortir pour te donner la couverture finale ci-contre et te préciser un peu ce que j'ai voulu faire (d'où mon titre).
L'idée de Homo Vampiris remonte à fin 2007. Je m'étais dit que je ferais bien une histoire avec des vampires, notamment à cause de la passion jamais démentie que j'éprouve pour Buffy. Mais là où Whedon opte pour la version fantasy, j'ai préféré revoir le mythe romantique en lui substituant une approche presque scientifique. Une fois trouvé mon point de départ, ma petite originalité sur le sujet (que je ne te dévoilerai pas, il faudra que tu lises le bouquin), je suis parti.
Ma deuxième envie vient du cycle Nephilim que j'avais dû raccourcir. Une petite partie du matériel provient d'idées prévues pour Nephilim. Il en constitue une sorte de complément en reprenant une histoire d'immortels associés pour survivre. Tu retrouveras même un personnage du Syndrome Eurydice, l'inspecteur Nogar que j'aime beaucoup. J'ai aussi été influencé par une autre série, Heroes, dont la première saison (la suite s'est révélée assez décevante) m'a replongé dans un monde de super-pouvoirs. Le mélange entre thriller et vampire vient de là.
Enfin, j'ai pensé ce roman comme formant un diptyque avec Requiem pour elfe noir de John Gregan. On retrouve la même position qui est de raconter les choses selon le point de vue des créatures et non pas des humains. En outre, d'une certaine manière, Homo Vampiris répond à une question importante laissée en suspens dans Requiem, dont il est une préquelle décalée. C'est une façon de montrer comment on en est arrivé à la situation décrite dans Requiem.
Il reste que tu peux le lire sans rien connaître de mes autres bouquins. Ces informations sont juste là pour te montrer les liens que j'ai essayé de tisser avec le reste de ma production Mnémos. En effet, Célia Chazel avait publié tous mes romans chez eux et son départ de la maison marque la fin d'un cycle. La boucle est donc bouclée (tu sais à quel point je suis attaché à la symbolique du cercle). Un nouveau cycle peut commencer.
Dans la précipitation, je n'ai pas eu l'occasion d'ajouter des dédicaces comme j'ai l'habitude de le faire. En attendant les réimpressions multiples et les rééditions de ce futur best-seller, j'en profite pour exprimer mes remerciements à Florence Jourdain pour sa relecture et ses commentaires. Et puis à Michel Levai aussi. Ce roman est dédié à Flo, Maître Atlantéide. Et, bien sûr, pour Anna.