Pour
cette fois, je vais me contenter d’une seule note pour cette pentalogie écrite
entre 2016 et 2019 (d’ailleurs je ne mets qu’une couverture en illustration).
Tout
a commencé quand Murielle Couëslan a pris la tête de Rageot. Lors de la
première réunion, elle m’a suggéré d’écrire une série sur la mythologie. Je t’avoue
que je n’ai pas sauté de joie parce que j’avais déjà écrit La Dernière Odyssée et Les
Gorgônautes qui allaient devenir La Niréide. De ce fait, j’avais l’impression d’avoir déjà traité le sujet. Néanmoins,
je suis rentré chez moi avec la promesse suivante : « Si je trouve
une idée cool, je le fais ».
En
réfléchissant, je me suis dit que je n’avais vraiment pas envie de re-raconter
ce qui l’avait déjà été de nombreuses fois. Il fallait donc que je puisse
raconter autre chose en plus des mythes grecs. On m’avait également donné deux
contraintes : d’une part, il fallait qu’on puisse lire les livres dans n’importe
quel sens ; d’autre part, il fallait plutôt commencer par le mythe le plus
connu, à savoir Ulysse, sachant que le retour du guerrier grec marque plus ou
moins la fin de l’âge des héros et donc celle de la mythologie...
Toutes
ces contraintes qui, auraient pu me décourager, m’ont en fait stimulé. Or, à
cette époque, j’étais en plein dans la nouvelle version de Doctor Who (attends, il y a vraiment un lien). Je ne te divulgâche
pas mais il y a toute une aventure avec River Song qui apparaît dans la saison
4 : elle voyage dans le temps aussi et ne cesse de croiser le Docteur à
différentes époques. C’est ainsi que j’en suis arrivé à l’idée du voyage dans
le temps de mon personnage principal à partir du présent. Sur place, il croise Blanche,
la fille d’Hadès, sauf qu’il ne remonte pas le temps dans l’ordre
chronologique...
Cela
pouvait donner lieu à des rebondissements réjouissants. Mais quand j’ai proposé
le projet, mes éditeurs ont pâli en se disant que tout cela serait bien trop
compliqué à comprendre. Sûr de moi, je leur ai dit quelque chose comme : « Faites-moi
confiance, ça va le faire ». Je me suis lancé en remplissant notamment un
tableau où l’on voyait les différents arcs temporels : celui d’Hugo (qui
suit l’ordre des romans), celui de Blanche (qui suit la chronologie de la mythologie)
et celui de Médée (qui voyage aussi dans le temps). Ainsi, par quel bout qu’on
le prenne, le cycle suivait l’arc d’un personnage. J’ai donc eu le feu vert.
J’avais
proposé Panique mythologique comme titre de cycle mais on m’a dit que pour le
référencement, il fallait avoir le mot mythologie en toutes lettres. C’est donc
devenu : Panique dans la mythologie. J’ai ensuite sorti L’Odyssée d’Hugo
et Hugo contre le Minotaure en 2016 puis Hugo et le cheval de Troie et Hugo et
la Toison d’or en 2017. Il y avait les super dessins de Sébastien Pelon qui ont
donné une vraie identité graphique au cycle.
Seulement
voilà : après quatre romans, la série ne décollait pas. Les ventes étaient
décevantes. Murielle m’a permis d’écrire un cinquième et dernier volume pour
boucler le cycle : Hugo face au Sphinx qui paraît en 2019. On était tous
un peu déçus. Sur ce, nouveau coup de théâtre : les tomes 1 et 2
apparaissent sur les listes de lectures recommandées de l’Éducation nationale.
Et là, la série a vraiment décollé.
Aujourd’hui,
L’Odyssée d’Hugo est devenu mon deuxième plus grand succès en termes de ventes,
dépassant même Décollage immédiat qui était jusque-là mon best-seller ultime. Toute
la série a connu une réédition en 2022. Il y a aussi eu une adaptation en bédé en
2021 (avec Maxe L’Hermenier et Antoine Brivet) que j’aime beaucoup. Plus un
projet secret dont je ne peux pas parler.
Moi
qui la destinais plutôt aux Sixièmes, elle m’a ouvert les portes des classes de
primaire qui s’en sont emparées en CM2 et même CM1. En tant que prof de latin,
je voulais aussi montrer qu’il existe toujours plusieurs versions d’un même
mythe et qu’on pouvait en jouer dans une histoire. En relisant les cinq romans,
j’aime toujours cette série. À part quelques menues maladresses, je ne
changerais rien. J’adorerais vraiment poursuivre l’adaptation en bédé qui s’est
arrêtée au tome 1, hélas. Et puis, il y a le projet secret dont je ne peux pas
parler, souviens-toi, et puis, de toute façon, c’est même pas sûr mais ce
serait quand même trop cool.