3 septembre 2026

Il y a dix ans : Panique dans la mythologie


Pour cette fois, je vais me contenter d’une seule note pour cette pentalogie écrite entre 2016 et 2019 (d’ailleurs je ne mets qu’une couverture en illustration).

Tout a commencé quand Murielle Couëslan a pris la tête de Rageot. Lors de la première réunion, elle m’a suggéré d’écrire une série sur la mythologie. Je t’avoue que je n’ai pas sauté de joie parce que j’avais déjà écrit La Dernière Odyssée et Les Gorgônautes qui allaient devenir La Niréide. De ce fait, j’avais l’impression d’avoir déjà traité le sujet. Néanmoins, je suis rentré chez moi avec la promesse suivante : « Si je trouve une idée cool, je le fais ».

En réfléchissant, je me suis dit que je n’avais vraiment pas envie de re-raconter ce qui l’avait déjà été de nombreuses fois. Il fallait donc que je puisse raconter autre chose en plus des mythes grecs. On m’avait également donné deux contraintes : d’une part, il fallait qu’on puisse lire les livres dans n’importe quel sens ; d’autre part, il fallait plutôt commencer par le mythe le plus connu, à savoir Ulysse, sachant que le retour du guerrier grec marque plus ou moins la fin de l’âge des héros et donc celle de la mythologie...

Toutes ces contraintes qui, auraient pu me décourager, m’ont en fait stimulé. Or, à cette époque, j’étais en plein dans la nouvelle version de Doctor Who (attends, il y a vraiment un lien). Je ne te divulgâche pas mais il y a toute une aventure avec River Song qui apparaît dans la saison 4 : elle voyage dans le temps aussi et ne cesse de croiser le Docteur à différentes époques. C’est ainsi que j’en suis arrivé à l’idée du voyage dans le temps de mon personnage principal à partir du présent. Sur place, il croise Blanche, la fille d’Hadès, sauf qu’il ne remonte pas le temps dans l’ordre chronologique...

Cela pouvait donner lieu à des rebondissements réjouissants. Mais quand j’ai proposé le projet, mes éditeurs ont pâli en se disant que tout cela serait bien trop compliqué à comprendre. Sûr de moi, je leur ai dit quelque chose comme : « Faites-moi confiance, ça va le faire ». Je me suis lancé en remplissant notamment un tableau où l’on voyait les différents arcs temporels : celui d’Hugo (qui suit l’ordre des romans), celui de Blanche (qui suit la chronologie de la mythologie) et celui de Médée (qui voyage aussi dans le temps). Ainsi, par quel bout qu’on le prenne, le cycle suivait l’arc d’un personnage. J’ai donc eu le feu vert.

J’avais proposé Panique mythologique comme titre de cycle mais on m’a dit que pour le référencement, il fallait avoir le mot mythologie en toutes lettres. C’est donc devenu : Panique dans la mythologie. J’ai ensuite sorti L’Odyssée d’Hugo et Hugo contre le Minotaure en 2016 puis Hugo et le cheval de Troie et Hugo et la Toison d’or en 2017. Il y avait les super dessins de Sébastien Pelon qui ont donné une vraie identité graphique au cycle.

Seulement voilà : après quatre romans, la série ne décollait pas. Les ventes étaient décevantes. Murielle m’a permis d’écrire un cinquième et dernier volume pour boucler le cycle : Hugo face au Sphinx qui paraît en 2019. On était tous un peu déçus. Sur ce, nouveau coup de théâtre : les tomes 1 et 2 apparaissent sur les listes de lectures recommandées de l’Éducation nationale. Et là, la série a vraiment décollé.

Aujourd’hui, L’Odyssée d’Hugo est devenu mon deuxième plus grand succès en termes de ventes, dépassant même Décollage immédiat qui était jusque-là mon best-seller ultime. Toute la série a connu une réédition en 2022. Il y a aussi eu une adaptation en bédé en 2021 (avec Maxe L’Hermenier et Antoine Brivet) que j’aime beaucoup. Plus un projet secret dont je ne peux pas parler.

Moi qui la destinais plutôt aux Sixièmes, elle m’a ouvert les portes des classes de primaire qui s’en sont emparées en CM2 et même CM1. En tant que prof de latin, je voulais aussi montrer qu’il existe toujours plusieurs versions d’un même mythe et qu’on pouvait en jouer dans une histoire. En relisant les cinq romans, j’aime toujours cette série. À part quelques menues maladresses, je ne changerais rien. J’adorerais vraiment poursuivre l’adaptation en bédé qui s’est arrêtée au tome 1, hélas. Et puis, il y a le projet secret dont je ne peux pas parler, souviens-toi, et puis, de toute façon, c’est même pas sûr mais ce serait quand même trop cool.

21 août 2026

Monstres Magiques Menacés est paru !


Ce ne sont pas un mais deux petits romans qui viennent de paraître chez Nathan, à partir de 9 ans, avec des dessins de Sanoe. Les titres ? Le dragon déchaîné et La sirène silencieuse.

Comme chacun sait, il existe de nombreuses créatures magiques, plus ou moins sympathiques, dans le monde. Et ces créatures ont parfois besoin d'un refuge pour s'abriter, se nourrir ou se soigner. Tel est le rôle du Monstrarium. 


C'est une sorte de jardin zoologique sans visiteurs où l'on prend soin de ces Monstres Magiques Menacés. Comme les parents sont toujours très occupés, ce sont les enfants qui assurent la majeure partie du travail. Et ils ont du boulot aussi car les méchants Braconniers ne cessent de vouloir récupérer ces créatures pour les exploiter d'une manière ou d'une autre.

Voilà. Si tu cherches une série de romans rigolos pour les enfants, eh bien n'hésite plus !


23 janvier 2026

L'Apprentie de Merlin est(re)paru - 2

 

Et voici les tomes 3 et 4 ! C'est toujours chez Fleurus dans la nouvelle collection Anthelion (pour les deux premiers tomes voir ici). La tétralogie est à nouveau complète.

Je t'avais dit qu'on avait beaucoup travaillé avec l'éditrice sur les deux premiers tomes . Eh bien il y a encore eu plus de travail sur les deux derniers. Peu de modifications dans l'intrigue mais plutôt dans une foule de petits détails qui changent la signification globale du roman. Le recul a permis de préciser certaines choses.



Une fois encore, je suis ravi que ce cycle soit reparu. Je ne sais pas si c'est l'édition définitive mais on on n'en est pas loin. Pour le clin d’œil, tu trouveras notamment quelques mentions du chevalier Silence et de la Niréide. A ce sujet, je t'avais annoncé dans ce dernier titre (mais si ! regarde la postface, page 419), une sorte de trilogie des matières médiévales. C'est cette tétralogie qui tient lieu de retravail de la matière de Bretagne. Il me reste encore à traiter de la matière de France mais ceci est une autre histoire...

11 décembre 2025

Il y a dix ans : Le choix de Bérénice


Juste avant la fin d'année, je viens de relire un roman paru en 2015 : Le Choix de Bérénice. L'histoire de cet ouvrage est assez sinueuse. Je t'en rapporte les grandes étapes.

À l'époque, je choisis de travailler sur la Bérénice de Racine avec mes élèves de lycée, notamment à cause de son décor antique. Je me plonge dans la lecture de la tragédie et j'en sors époustouflé. La modernité de la pièce m'épate. Notre dramaturge réussit l'exploit de bouleverser ses lecteurices sans la moindre mort dans le dénouement. Et la langue est magnifique, d'une simplicité confondante.

À la même période, je découvre une collection en jachère chez Rageot : "Remake". Il s'agit de réécrire des classiques en version jeunesse contemporaine. Un titre m'arrête : Tu te maries et moi j'aime, signé de Sarah K, reprise des Mémoires de deux jeunes mariées de Balzac. Une vraie réussite.

Seulement, la collection n'a pas marché, me prévient la directrice de l'époque, Caroline Westberg. La faute notamment à l'accueil du corps enseignant qui est encore frileux (nous sommes en 2005) avec la réécriture de classiques. Mais surtout, à mon avis, à l'idée de mettre le texte original à la suite du roman réécrit, ce qui fait que les ouvrages sont énormes.

Qu'à cela ne tienne, je réfléchis à la manière de présenter une nouvelle collection de réécriture de classiques. Un point commun finit par me sauter aux yeux : la plupart des classiques proposent des histoires d'amour. Eurêka : ce sera une collection de romance. Je propose même le nom qui sera adopté (mais sans le tiret) : "In-love" (pour in-folio). Bien sûr, je propose Bérénice comme premier titre.

Malheureusement, cette collection va connaître le même destin que "Remake", dix ans plus tard. On sort seulement une demi-douzaine d'ouvrages avec pourtant des autrices qui ont fait leurs preuves comme Charlotte Bousquet ou Camille Brissot. Les couvertures sont assez kitsch, comme si l'éditeur n'était pas à l'aise avec le sujet. Et puis, la direction change quelques mois après le lancement et "In love" tombe dans les oubliettes.

De mon côté, l'écriture n'est pas facile. J'écris un premier roman qui ne convainc personne. Je jette le manuscrit et écris une toute nouvelle version. Cette fois, cela prend. Le roman est publié. Mais la collection s'arrête bientôt et Rageot me rend mes droits sur l'ouvrage qui ne sera plus exploité.

Qu'en reste-t-il en le relisant ? Eh bien, comme avec Ce stage était vraiment mortel, où je m'essayais au roman d'horreur, je me livrais là à un essai de romance. Et l'essai n'est pas entièrement transformé. Toujours inquiet de ne pas ennuyer mes lecteurices, je vais trop vite et je ne laisse pas assez de place aux sentiments pour se développer. Le corps de mes personnages est quasi-absent. En outre, mon choix de raconter au passé simple (sans doute dans l'espoir de donner des gages de légitimité aux prescripteurices) achève de bloquer l'émotion.

J'ai l'air sévère avec mon petit roman mais je continue de l'aimer. J'aimerais le retravailler sans doute un peu à la manière dont j'avais traité La Traviata et où il me semble que j'avais mieux réussi à lâcher la bride à mon lyrisme. Et puis, l'ouvrage devrait être un peu allongé et passé au présent. Mais, pour le reste, je suis heureux de mes quelques trouvailles et adaptations, notamment l'ange gardien d'Arslan qui lui donne des conseils. Et je reste persuadé (Charlotte est d'ailleurs sur la même longueur d'onde) qu'il y a de la place dans le milieu éditorial pour une collection de réécritures modernisées de classiques pour la jeunesse.

20 novembre 2025

Il y a dix ans : Ce stage était vraiment mortel


Pour être franc avec toi, je dois dire que je redoutais un peu cette relecture. Fruit de mon unique (à ce jour) collaboration avec Scrinéo, j'avais été très heureux de participer à la collection d'Arthur Ténor, « Roman d'horreur », qu'il avait créée et nourrie. À l'époque, il cherchait d'autres auteurs pour proposer d'autres titres. C'est ainsi que je suis arrivé avec Johan Héliot, suivis peu après de Nadia Coste.

Je t'avoue que l'horreur n'est pas mon genre de prédilection. J'évite les films d'horreur autant que possible, me contentant de regarder les classiques pour mon édification personnelle. Afin de me préparer, je me souviens avoir lu l'essai de Stephen King, Anatomie de l'horreur. Cela ne m'avait pas beaucoup avancé, à part la distinction entre terreur, horreur et révulsion.

Il me semble me souvenir tout de même que King évoquait à un moment le concept d'horreur sociale où le sentiment est créé par... des problèmes sociaux. J'avais une idée assez superficielle du genre et avais l'impression qu'il était assez conservateur, sacrifiant des jeunes gens qui ont le tort d'avoir une vie sexuelle (je me trompais : des films comme Massacre à la Tronçonneuse, La Nuit des morts-vivants ou plus récemment Get out ont un vrai discours social ; et je ne parle même pas de la série Buffy contre les vampires). C'était ce que je voulais éviter. Donc l'horreur sociale m'a paru tout de suite une bonne orientation.

Le thème des ressources humaines s'est imposé rapidement. Comme il fallait que mes personnages y soient confrontés, j'ai pris le prétexte du stage de Troisième en entreprise. C'est alors qu'est né le lien avec Les Adversaires, parus trois ans plus tôt. Je pouvais reprendre une partie de ma mythologie angélique pour proposer une nouvelle histoire. J'ai repris le personnage de Kylian de la Trilogie Lana Blum, ainsi que Nawel qui allait bientôt faire son apparition dans L'Odyssée d'Hugo.

Je te disais au début que je craignais de relire ce roman. Déjà, contrairement à beaucoup de mes manuscrits, le texte a été beaucoup retravaillé. Mais, surtout, j'avais l'impression de ne pas avoir réussi à faire peur. Avec le recul, je comprends ce qui me bloque dans le genre de l'horreur : il y a beaucoup de moments de creux, où l'action est suspendue pour laisser le sentiment se développer chez les lecteurices/spectateurices. Par exemple, les personnages se cachent derrière un canapé pendant que le monstre rôde dans la pièce en bavant. En tant qu'auteur, j'ai beaucoup de mal à écrire des scènes de ce type car j'ai toujours peur d'ennuyer mes lecteurices et je ne donne pas le temps d'avoir vraiment la trouille.

Donc, j'ai relu le roman avec appréhension. Et ç'a été une bonne surprise ! Je n'affirme pas que ce roman va te flanquer une horrible frousse mais j'ai l'impression d'avoir quand même réussi à créer une ambiance. Je devais lire La Barbarie douce à l'époque parce que le prologue qui met en parallèle un conseil de classe et un entretien DRH est imprégné de cet essai qui montre comment le management en entreprise a été repris dans l'Education nationale. Bref, je me suis bien amusé à relire ce roman, même si je ne sais toujours pas s'il fait peur.