5 octobre 2011

Le Miroir aux Vampires 2 est paru


Aujourd'hui si tout va bien. Que t'en dire de plus ? C'est notamment le fait de n'avoir pas pu placer dans le tome 1 un voyage à travers le miroir, ainsi qu'une troisième catégorie de vampires (voir les extraits 2 et 3) qui m'a donné envie de poursuivre les aventures de Léa. Et puis je trouvais dommage d'avoir passé tout ce temps à poser les bases d'un univers sans pouvoir l'exploiter.

Du coup, les choses partent plus rapidement dans ce deuxième tome qui suit les études de Léa à Paris. Et tout comme le tome 1 s'inspirait de mon année de Terminale à Compiègne, celui-ci s'inspire de mon année d'hypokhâgne à Paris.

Comme l'indique le sous-titre, il sera question de stryges (au pluriel) et l'on va en découvrir davantage sur ces créatures ennemies des vampires. En outre, si le tome 1 insistait sur les relations de Léa avec son père, ici c'est plutôt de sa sœur qu'il s'agit. Cela n'empêche pas de retrouver certains autres personnages du premier tome...

Et pendant que tu lis ce tome 2, je me mets bientôt au 3 qui est encore une fois censé être le dernier de la série. Mais je ne veux pas trop m'avancer non plus.

4 octobre 2011

Le Miroir aux Vampires 2. Extrait 3/3


Cette affolante campagne de promo autour du Miroir aux Vampires 2 touche à sa fin avec ce troisième et dernier extrait.

Comme le sous-titre est
La Légion des Stryges, il fallait des stryges : en voilà.

Mais surtout, il fallait bien qu'à un moment on traverse le miroir. C'est exactement ce qui se passe ici.



La pièce était plongée dans le noir, à l'exception des Tükör qui irradiaient de lueurs froides et blanches. Cette lumière éclairait par fragments des dizaines de vampires grouillant dans l'ombre. Je voyais leurs écailles scintiller fugacement quand ils se déplaçaient.

Ils ont eu un moment de surprise qui nous a permis de parcourir la moitié de la distance nous séparant du miroir visé. Le plus effrayant, c'était de contempler notre propre reflet. Nous avions l'air effarés, hagards. Dans le même temps, les Sanguisugae ne se réfléchissaient pas dans les glaces et semblaient surgir de nulle part. C'était un vaste labyrinthe d'illusions.

Les vampires ont fini par réagir. Ils se sont rapprochés. J'en ai vu plusieurs bondir par-dessus les Tükör. J'ai voulu faire demi-tour, mais l'élan de mes camarades m'a entraînée malgré moi.

J'ai reçu une giclée de liquide froid sur le front. C'était du sang. Plus qu'un mètre. Nous y étions presque !

Les autres avaient déployé leurs ailes. Cela a suffi à maintenir l'ennemi à distance pendant quelques secondes. Un cascabel qui nous plongeait dessus a été repoussé et a volé à travers la pièce. Je l'ai perdu de vue.

Au moment où je pensais que les choses allaient bien pour nous, le légionnaire qui me flanquait sur la gauche est tombé. J'ai vu apparaître la gueule ronde d'un constricteur.

Sans réfléchir, j'ai balancé un coup de griffes au niveau des yeux. J'ai senti un globe résister puis éclater sous mes doigts. Le vampire a poussé un hurlement de douleur et de rage.

« Léa ! Entrez ! »

Nous étions au bord du miroir. La centurion a tendu la main et a commencé à disparaître. La surface du verre s'est ridée comme une eau verticale. Exactement comme dans Orphée de Cocteau. À croire qu'il était au courant de l'existence des vampires.

La centurion s'est enfoncée entièrement dans le liquide qui ressemblait à du mercure en suspension. C'était mon tour. J'ai avancé mes doigts couverts de sang. Il y a eu un peu de fumée, comme si l'hémoglobine avait été consumée par le contact. Je n'ai ressenti qu'un froid glacial.

La matière métallique m'a entièrement recouverte. Je n'ai pu m'empêcher de fermer les yeux. Sur mes lèvres, le prénom de Nóra.

Image : source www.miroir-decoration.com.

3 octobre 2011

En revenant de Lyon


Me voilà de retour de la convention Octogônes. Pour faire mon auteur surbooké, je n'y suis allé que le dimanche. Je pensais visiter la ville, mais ma découverte s'est limitée à la gare Part-Dieu et à quelques stations de tram.

Adrien de vampirisme.com était aux petits soins pour nous. J'ai pu faire connaissance avec de sympathiques auteurs qui ont eu le manque de tact d'être tous plus jeunes que moi : Cécile Guillot, Stéphane Soutoul et Marika Gallman (qui m'a guidé à travers la gare Part-Dieu à l'arrivée et dont j'ai commencé le Rage de dents dans le TGV du retour avec beaucoup de plaisir). Et puis il y avait notre grand sage, Jean Marigny, qui nous a encore éblouis de son érudition tranquille. Tu l'auras compris, nous étions tous là pour des histoires de vampires.

Même si le monde ne s'est pas précipité sur nos livres, nous avons eu le temps de deviser agréablement. J'ai pu croiser également Jerôme Vincent d'ActuSF et Frédéric Fromenty de la librairie Omerveilles, ainsi qu'un des organisateurs de la boutique Trollune. Il y avait également de très nombreux jeux qui m'ont fait saliver, notamment un décor hallucinant pour jouer à Space Hulk sur près de trois mètres carrés avec des figurines.

Vers 15h, au cours d'une table-ronde, nous avons eu des sentences définitives sur le rapport entre le vampire ludique et le vampire littéraire. Nous avions réussi à être moins nombreux sur la scène que dans la salle : il s'agissait donc d'un succès public.

Petite innovation de la technique : j'ai pu me la jouer dans le TGV en écrivant un chapitre sur mon Notebook. Pour en arriver là, ça n'a pas été facile. Je te passe mes démêlés avec le système d'exploitation Windows Starter dont le but doit être de multiplier les ventes une fois que tu as fracassé rageusement ton ordinateur sur le premier truc dur qui traîne. Ensuite, il a fallu sortir la tablette qui était coincée. J'ai reçu l'aide d'un passager en bermuda avec tatouage sur le genou, bouc et crâne rasé que je soupçonne d'écouter du hard. Mon aura en a pris un coup.

Bref, un dimanche fructueux.

Image : source Wikipedia, gare de la Part-Dieu à Lyon

2 octobre 2011

La lecture du dimanche


Tandis que je m'apprête, après quatre heures de sommeil bien méritées, à prendre le train pour Lyon, où tu m'attends en foules enthousiastes, je te livre cette petite lecture afin d'égayer ta journée.

Te souvient-il de ce petit recueil de nouvelles de Pierre Bordage réédité chez Étonnants Classiques avec une introduction et un dossier de ton serviteur ? Cette avancée, forcément majeure, dans l'acceptation scolaire de la science-fiction n'est pas passée inaperçue aux yeux du site Yozone, gloire à lui !

Bref, tu y retrouveras une chronique du livre suivie d'un entretien avec mézigue. Après cette bonne parole, bonne lecture et bon dimanche à toi.

1 octobre 2011

Le Miroir aux Vampires 2. Extrait 2/3


Et un deuxième extrait. Comme les éléments du monde vampirique sont posés, les affrontements arrivent plus tôt dans ce tome 2.

Cela permet aussi d'introduire une nouvelle forme de vampires. Après les Constricteurs et les Solénoglyphes, voici un Cascabel.


Petit détail : rare dans la Bit-lit,
le dictionnaire de grec-français Bailly fait une apparition en special guest star.


Un bruit.

Je sursaute. Cela ressemble à un grelot cassé, un pois dans une coquille vide. Une ombre se détache du mur, comme si un lai de papier peint se décollait tout à coup pour me tomber dessus ; mais ce n'est pas du papier peint.

Je reçois le vampire sur le flanc. Impossible de me tromper car il a deux crochets, longs, fins et recourbés qui dépassent de sa gueule de tueur. Mes réflexes sont foudroyants.

Je bascule sur le côté, entraînant l'agresseur dans ma chute. Puis, je m'agrippe à lui et le fais passer sous moi d'un coup de rein. Quand nous heurtons le sol, c'est moi qui lui enfonce mon coude dans le ventre.

Ça n'a pas grand effet. Je sens ses écailles rudes sur ma peau. Il va reprendre le dessus. Il se tortille avec une force incroyable et me désarçonne.

Cette bestiole est complètement nue. Son contact me révulse. C'est le Sanguisuga qui me domine à présent. Il essaye de me maintenir les bras au sol. Sa bouche s'ouvre, béante. Une goutte s'écoule lentement le long de sa dent, s'arrête sur la pointe et attend là de bien vouloir tomber. Du poison à tous les coups ! Le liquide tombe sur mon visage. Aussitôt, ma joue se met à brûler.

Je retiens un cri de douleur et tente de me dégager. Il s'approche, les crocs menaçants. J'ai le temps de bien apercevoir son visage. Il n'en a pas. La moindre parcelle de peau est couverte d'écailles dont les couleurs changent à chaque instant.

Je parviens à attraper un livre que je lui balance à la gueule. C'est le Bailly, le dico de grec (deux mille deux cent trente pages !) Comme je projette ça de toutes mes forces, il a un mouvement de recul. J'entends un craquement sec et mou. C'est l'une des dents qui a cédé. Un filet de sang accompagne maintenant les sécrétions de venin.

La douleur fait perdre pied à mon adversaire. Je lui assène un deuxième coup sur la trombine où le nez a presque disparu. Ses pupilles verticales ont un moment de flou.

J'en profite pour m'extraire de son emprise. Ce vampire-là n'en a pas après mon sang. Il ne va pas se suicider. Il veut m'injecter son poison. Je dois absolument éviter sa morsure.

Image : source www.miroir-decoration.com.