14 avril 2012

Chose vue 37 : fragments d'un discours métaphysique

En fin de matinée, dans le train entre Argenteuil et Paris.

Je m'installe à la première place venue et ouvre le bouquin qui m'accompagne ces derniers temps : Le Livre du Graal, tome 3 en Pléiade (outre nourrir le snobisme dont je suis coutumier, ce détail a son importance). A l'arrêt suivant, un homme s'assoit à côté de moi, avise mon édition reliée et me demande : "Vous lisez la Bible ?"

Lui-même avait son propre volume ouvert au livre des Psaumes. Ma dénégation ne le désarme pas. Il me dit qu'il cherche une réponse. Je lui dis qu'il n'y en a sans doute aucune à trouver. "C'est terrible ce que vous dites", déplore-t-il dans un sourire. Il a de très belles pommettes, presque triangulaires. J'ajoute que toute la beauté de la chose est justement dans la recherche, pas dans la réponse.

On évoque Freud, Socrate, l'homosexualité, le créationnisme. Pour finir, il me remercie d'avoir discuté avec lui. Il repart après avoir noté Kant ("Non, pas Cante") dans son carnet, la première référence qui me soit venue. Et nous nous séparons dans la foule de la gare Saint-Lazare.

10 avril 2012

Clavelus Tour : Saint-Germain-en-Laye bis


Non, ce n'est pas une erreur, j'y suis retourné pour être sûr. Cette fois, je n'étais pas dans le même établissement : le collège Debussy. Avec mon organisation de malade, je n'ai pas pensé à mettre les deux rencontres le même jour.

Je me suis aussi rendu compte que je suivais les traces d'un autre nommé aux Incorruptibles qui fait les mêmes établissements que moi mais une ou deux semaines avant. Et puis lui, il a eu l'idée de grouper les rencontres.

Mais je ne regrette rien. Au moins, Saint-Germain sera associé à de meilleurs souvenirs désormais. J'ai en effet été accueilli cordialement par des collègues. La classe avait préparé une mise en scène assez rigolote de Merlin descendant chez les nains (chapitres 17 et 18 pour les pros). Et puis plein de questions comme toujours.

Image : source site non-officiel du collège.

5 avril 2012

Clavelus Tour : Bagneux


Cette fois, je suis allé moins loin : au lycée professionnel Léonard de Vinci de Bagneux. Au programme, une rencontre de deux heures.

Les ambiances changent avec les établissements. Cette fois, je dois dire que j'ai eu l'heureuse surprise d'être salué par tous les collègues en salle des profs qui m'ont tous été présentés à mesure qu'ils arrivaient et m'ont serré la louche quand, dans beaucoup d'endroits, le passage d'un auteur ne suscite qu'une indifférence polie.

La rencontre était plus sportive que d'ordinaire avec des élèves en classe entière plus habitués au demi-groupe. Pas mal de questions malgré tout et le plaisir parfois de sentir l'attention générale le temps de quelques minutes. Je me demande toujours comment font les auteurs qui ne sont pas profs pour aborder des groupes moins évidents, et surtout comment ils le vivent. Quoi qu'il en soit, ça s'est plutôt bien passé.

Image : source site du lycée Léonard de Vinci.

25 mars 2012

Clavelus Tour : Saint-Germain-en-Laye


Sur ma lancée héroïque, je suis monté à Saint-Germain-en-Laye la semaine dernière. Il y a quelques années, j'ai passé dans le coin une année d'IUFM particulièrement désagréable que je me suis empressé d'oublier.

Je suis donc arrivé avec un œil neuf, découvrant le château à la sortie du RER. J'ai pu aussi découvrir le lycée international qui est extrêmement impressionnant. Il y a de nombreuses filières bilingues, ce qui donne un CDI immense avec plein de livres dans plein de langues (mais le hongrois manque, j'ai demandé).

J'ai eu le plaisir d'avoir une classe en pleine forme avec beaucoup de questions. Bref, un très bon moment. Sur l'image, tu as une photo de l'endroit, bâti sur les anciennes écuries. Le tout m'a un peu rappelé l'ambiance du lycée français de Budapest.

Image : source site du lycée international, vue extérieure du CDI.

19 mars 2012

Clavelus Tour : Troyes


La semaine dernière, j'ai poussé jusqu'à Troyes pour rencontrer une classe. Petit syndrome rentrée (c'est une autre académie), mais les gamins étaient sympas, tout comme les collègues. Il y avait même une vraie cantine dans l'établissement avec un vrai chef. En plus, je suis tombé, le jour des frites.

Comme les trains ne sont pas légion, je suis arrivé à 9h du matin pour une intervention quatre heures plus tard. Cela m'a laissé le temps de bosser sur des chapitres et aussi de visiter un peu la ville qui est en travaux. Le centre-ville est superbe avec ses maisons à colombages à tous les coins de rue. Ma promenade m'a emmené de l'autre côté du canal, jusque dans la cathédrale dont j'ai pu admirer les magnifiques vitraux. A part ça, l'édifice était vide et glacé.

Le retour a été plus fastidieux. J'étais tout heureux d'accrocher le premier train mais celui-ci a finalement eu vingt-cinq minutes de retard. Les haut-parleurs nous répétaient que le train allait arriver voie quatre, qu'on avait le droit d'embarquer des vélos et que le quai était accessible par les souterrains. Afin que les choses soient claires, les messages arrivaient par groupement de trois d'affilée toutes les cinq minutes. Je crois que je ne pourrai plus jamais entendre le jingle de la SNCF sans devenir berserk.

Image : source Wikipédia, vitraux du chœur de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes.