9 mars 2013

Elfes & assassins

Fin mai paraîtra aux éditions Mnémos, sous la direction de Sylvie Miller et Lionel Davoust, la cinquième anthologie des Imaginales

Dont je suis, bien entouré si j'en juge par le sommaire, avec une nouvelle intitulée "Libera me".

Je te précisera cela en temps voulu. En attendant, profite de la couverture de Jean-Sébastien Rossbach.

8 mars 2013

Les Légions dangereuses. Extrait 2/3

Toujours dans l'optique de la prochaine réédition poche des Légions dangereuses, je t'en propose un deuxième extrait plus épique. 

Voici la fin d'une hécatombe qui nous permet de présenter le personnage de Row, le guerrier tigrom (un humain à tête de tigre au cas où ce ne serait pas clair). Quand nous le rencontrons, il achève de massacrer les habitants d'un château.


Quatre-vingt-dix-sept…

Les deux jeunes frères, apeurés, se blottissaient l'un contre l'autre, appuyés contre la porte close, pris au piège. Ils grelottaient et tentaient de parler.

— Pitié… Pitié… suppliaient-ils.

Row les égorgea entre ses crocs.

Quatre-vingt-dix-huit… Quatre-vingt-dix-neuf…

Avec Magnis, ils étaient cent à gésir sur le sol. On n'entendait plus que le râle des blessés. La mort étendit son silence funèbre sur la salle. Row s'aperçut qu'il avait compté tout du long à voix haute. Sa voix était totalement éraillée à force de cris.

Les gémissements des moribonds s'élevaient à intervalles irréguliers. Certains s'éteignirent, d'autres continuaient. Row jeta un regard alentour. Il était le seul debout. Il était le plus grand guerrier du monde. Il n'en conçut aucune fierté particulière. Partout des corps, partout du sang, partout des viscères, des éclats d'os, des débris d'armes.

Row poussa un feulement terrifiant. Son pelage était imbibé de sang, mais il n'était pas gravement blessé. Il fit rentrer ses griffes dans ses doigts et cracha de nouveau dans ses mains pour imprégner ses blessures de salive cicatrisante. Puis il saisit une arme et, pataugeant dans les tripes et les entrailles jusqu'à mi-mollet, il alla achever tous les blessés. Il y en avait une vingtaine. 

Row aimait le travail bien fait.

Enfin il poussa la porte qui allait clore le tombeau baroque qu'était devenue la salle de réception du château de Magnis et, plus par réflexe que par envie, il monta à l'étage pour aller égorger les vieillards, violer les femmes et les enfants.

6 mars 2013

Il y a dix ans : Les Dracomaques

En mars 2003, je voyais publier mon troisième roman : Les Dracomaques. Il faisait suite au Syndrome Eurydice et à Anonymus, racontant l'histoire d'un groupe de Nephilim. 

Après Paris et Budapest, je passais à Rome. Après avoir parlé des Ar-Kaïm et des Selenim, j'en venais aux Dracomaques qui chassent des monstres créés spontanément par les champs magiques. Et puis, j'y présentais les trois derniers membres de l'Hepta : Leonidas (le chef), Khesziv (la séductrice) et Alvo (le blessé).

Juste après Anonymus que j'avais écrit avec jubilation, Les Dracomaques a été difficile à rédiger. La première raison que j'y vois était la difficulté de poursuivre deux pistes différentes : d'une part, le bouquin devait pouvoir se lire séparément mais, d'autre part, j'avais envie de faire avancer mon histoire. Je ne suis pas certain d'avoir réussi à mener les deux de front.

En le relisant, je me suis aperçu que l'histoire partait dans plusieurs directions sans vraiment exploiter les idées jusqu'au bout (ainsi le personnage d'Il Padrone, inspiré de Berlusconi ; l'exploration des milieux cachés du Vatican). De même, j'ai eu du mal à bien saisir le personnage de Khesziv : pour la première fois, j'ai dû réécrire des chapitres entiers. Pour finir, mon scénario ressemblait trop à celui d'Anonymus. Résultat : Les Dracomaques était le roman qui me satisfaisait le moins.

En ayant la chance de le retravailler pour la réédition de l'an dernier, je l'ai considérablement allégé pour lui donner davantage de rythme et ôter tout ce qui n'avait pas été développé et n'avait donc pas d'utilité pour l'histoire. Par ailleurs, l'épilogue que j'ai ajouté à la fin de ma tétralogie m'a permis de revenir sur certains points et de mieux l'intégrer à l'économie générale du cycle.

Je pense qu'aujourd'hui, coulé dans le cycle, il est nettement plus efficace qu'avant. Parmi les éléments que j'ai préférés, il y a les passages dans l'église avec Alvo, ainsi que les répliques de Nostos, l'épée-dragon.

Pour l'anecdote, je suis allé plusieurs fois à Rome depuis mais je n'ai jamais réussi à visiter l'église San Marcello où j'ai placé le père Umberto et dont tous les détails proviennent d'un guide touristique.

5 mars 2013

Les Légions dangereuses. Extrait 1/3

Dans une dizaine de jours, mon roman de fantasy parodique Les Légions dangereuses ressort en poche chez Mnémos. 

Plutôt qu'un long discours (qui viendra, je te rassure), je te livre des extraits de mise en bouche. 

Voici déjà le début du bouquin (et l'ancienne couverture) pour te mettre dans l'ambiance. 


Sram, Dieu de la Guerre, des Mathématiques et des Jeux de Hasard, passa sa main parcheminée sur la Table Élémentaire. Ses yeux noirs brillèrent sombrement.

La table, symbole de la concorde entre les Dieux, était ronde et découpée en cinq quartiers différents. Chacun d’eux revêtait une couleur propre : ocre pour Sram, bleu pour Hybris, vert pour Fade, rouge pour Revih et la Couleur pour Quitiane.

Il soupira longuement en se demandant où pouvaient être les autres. Il était bien évidemment le seul à être exact au rendez-vous. Ils n’avaient pas changé en tant de siècles. Sram les revoyait encore, avec leurs mines de conjurés, prêtant serment et jurant d’aller jusqu’au bout. Ils n’avaient pas reculé, mais rien ne s’était déroulé ensuite comme prévu.

Il se rappelait le regard de Quitiane tourné vers lui et sa bouche disant : « Toi aussi, Sram ». La phrase résonnait encore à ses oreilles comme une malédiction. Et puis étaient venus la fuite, les remords.

Pris d’un doute, le Dieu embrassa le décor d’un regard circulaire. Il se trouvait dans une grotte immense aux parois grossièrement taillées. Des stalactites et des stalagmites s’étaient formées lentement, accumulant des cercles de calcaire boudiné, dégoulinant en orgues minérales, se dressant en une forêt de pierre.

Sram parcourut longuement ces sculptures naturelles du regard avant d’apercevoir ce qu’il cherchait. Il vit, toutes grandes ouvertes dans les ténèbres, deux paires d’yeux jaunes, et qui le regardaient dans l’ombre fixement. Le Dieu eut un frisson terrible dans son armure. C’était une armure de terre sombre et indestructible.

— Va-t-en ! gronda-t-il comme un tremblement de terre.

Il eut un geste pour aller frapper de son épée, aussi sombre que son armure, les quatre yeux jaunes qui le fixaient. Il se reprit bien vite, connaissant la vanité de sa tentative. Il avait déjà essayé de les crever, de les brûler, de les coudre, de les fermer, de leur chanter des chansons pour les endormir, de leur lancer de la poudre : rien n’y avait fait.

Les yeux étaient dans la grotte et regardaient Sram.

1 mars 2013

On a sauvé le monde (en cinq minutes)

Je te l'avais signalé il y a quelque temps mais tu as sans doute manqué une initiative sympathique de Rageot pour t'aider à passer l'hiver. 

Entre le 17 décembre dernier et le 25 février de cette année, sept auteurs (stars) de la collection Rageot-Thriller se sont relayés pour te proposer un épisode par semaine d'une web-série initiée par le directeur de collection Guillaume Lebeau : Cinq minutes pour sauver le monde.

Sous sa férule (il a rédigé l'épisode pilote), on a tour à tour écrit un épisode sans savoir ce qui se passerait ensuite, en une sorte de cadavre exquis géant. Charge à lui de clore l'histoire à la fin. Cela nous donne finalement 10 épisodes en accès gratuit sur Livre Attitude. Personnellement, cette expérience m'a beaucoup plu.

Afin que tu en profites mieux, je te fais un petit sommaire de cette saison avec les liens pour aller lire directement les épisodes : 
Quant aux romans de la collection, la deuxième salve arrive bientôt dans les librairies. Prépare-toi. On en reparle bientôt.