22 octobre 2012

L'apprentie de Merlin 3. Extrait 1/3

Nous sommes au début du roman. 

Ana se réveille après vingt années de sommeil dans la chaumière de Merlin, baptisée esplumeor.


Ana crut qu’on l’avait appelée. Elle ouvrit les yeux. Les cendres l’avaient recouverte durant son sommeil et il lui fallut essuyer la couche qui lui collait à la peau. 

Au-dessus d’elle, le pommier était devenu immense. Son tronc épais s’était élargi jusqu’à occuper tout l’espace ménagé dans le chaume. Quelques branches poussaient encore à l’intérieur de l’esplumeor, alourdies par de belles pommes mûres.

Elle se redressa, encore étourdie. Les rais de lumière qui entraient par le toit jetaient des lueurs éblouissantes, difficilement tamisées par les feuilles.

— Maître ?

Merlin gisait sur la couche voisine, allongé, immobile. Sa barbe n’avait guère poussé et la poussière n’avait pas eu le temps de se déposer en abondance. L’adolescente se souvint que le mage était allé se coucher après elle.

Elle avança le bras pour le pousser, d’abord timidement. Puis, voyant qu’il ne réagissait pas, ses gestes se firent plus insistants. Il dormait toujours. Un léger ronflement s’élevait de sa gorge. L’apprentie respira mieux quand elle fut certaine qu’il était toujours en vie.

Pourtant, une vague d’angoisse la frappa. Et si Merlin ne se réveillait pas ? Comment allait-elle faire toute seule ?

— Maître, debout ! Il est temps de se lever.

Pas de réaction. Elle soupira. Comment le tirer du sommeil ?

— S’il vous plaît, j’ai besoin de vous !

Image : source Wikipedia, le tombeau de Merlin en forêt de Paimpont.

21 octobre 2012

Au rapport

Comme je continue de glaner les critiques sur mes livres qui apparaissent sur le Net, je te livre celles qui concernent L'Apprentie de Merlin. On ne sait jamais, ça pourrait t'encourager à lire la suite.


Pour le tome 2, tu trouveras ton bonheur chez Art Souilleurs et On ne voit bien qu'avec le cœur encore, et De l'autre côté du miroir.

Pour le tome 3, tu te feras ton avis tout(e) seul(e), notamment avec des extraits dans les prochains jours. Car la promo virale bat son plein (au cas où tu ne l'aurais pas remarqué).

20 octobre 2012

L'Apprentie de Merlin 3 est paru

Ça s'est passé hier et comme cette sortie a été injustement éclipsée par celle de Fifty Shades of Grey, je dois faire le point moi-même.

Tu dois être au courant que L'Apprentie de Merlin est une réécriture de l'histoire de la Table Ronde. Le tome 1 était consacré à Uther, le tome 2 à la conquête du pouvoir par Arthur. Celui-ci insiste sur la disparition de Lancelot et des conséquences qui en découlent.

J'attendais d'arriver à ce volume depuis un moment parce qu'il permet de revoir ce qui s'est passé depuis le début du cycle d'une autre manière. Jusqu'à présent, le royaume d'Arthur était en construction. A présent que presque tous les adversaires sont vaincus, l'ennemi devient intérieur. Ana cherche toujours sa famille et tombe sur Merlin, lequel n'a jamais été aussi présent depuis qu'il est endormi.

Après ce tome, écrit avec une sorte de jubilation dont j'espère qu'elle sera partagée, il me restera ensuite un volume pour achever cette saga. Si tout va bien, ce sera au premier semestre 2013.

PS : tu noteras également la belle couverture de Julien Delval, représentant la fée Morgue entourée de Pixies.

10 octobre 2012

Fragments d'une Fantasy antique est paru

Tu l'attendais, la voici : l'anthologie qui évoque les liens les liens entre fantasy et antiquité, dirigée par David K. Nouvel et publiée chez Mnémos dans une couverture sépia de bon ton. Je ne te détaille pas la liste des auteurs concernés, tu la trouveras .

Juste quelques mots pour te présenter ma propre contribution, "Sur un fragment perdu du Satyricon", qui ouvre le recueil. J'ai travaillé sur le Satyricon en master (comme on dit aujourd'hui), notamment sur le corps. Comme beaucoup de gens qui se sont penchés sur ce roman, je me suis ému de ce que l'ouvrage qui nous est resté soit mutilé : on n'a ni le début, ni la fin et des trous au milieu. De nombreux auteurs ont essayé de combler ces trous. Tu peux jeter un œil à la traduction en GF-Flammarion qui est affreuse et dont le seul intérêt réside dans les ajouts du traducteur pour joindre les fragments.

Selon certains commentateurs, le roman complet aurait atteint la taille des Misérables. J'ai donc imaginé un livre premier qui lance des pistes qu'on retrouve dans les parties conservées. J'ai tenté de garder le ton si particulier du roman qui alterne des passages très drôles, parfois osés, avec des réflexions sur l'enseignement ou sur les arts.

En tout le Satyricon, qui raconte l'errance de deux jeunes amoureux, Encolpe et Giton (oui, deux garçons) comptait vingt-quatre livres. On en possède aujourd'hui à peu près huit selon les estimations des universitaires. Cela fait neuf avec mon livre apocryphe.

Et la fantasy dans tout cela, me diras-tu ? Eh bien, on trouve dans le Satyricon des éléments de magie, comme des sorcières et un loup-garou. Et surtout, le narrateur Encolpe est persuadé d'être poursuivi par la malédiction du dieu Priape.

3 octobre 2012

Sur un fragment perdu du Satyricon. Extrait1/1

Dans quelques jours sortira Fragments d'une Fantasy antique, anthologie déjà annoncée au moment du colloque sur Fantasy et antiquité. 

Pour ma part, je me suis attelé à une suite rêvée du Satyricon qui contient notamment l'une des plus anciennes histoires de loup-garou. Voici donc le début de "Sur un fragment perdu du Satyricon".


En février 2011, une mission archéologique française fut envoyée à Ed-Deir, au sud de l’oasis d’Al-Kharga, la plus grande d’Égypte. Les équipes étaient consti­tuées de membres de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO) et de l’université Paris IV-Sorbonne.

En fouillant les abords de la forteresse romaine d’Ed-Deir, pourtant déjà explorée au cours de plusieurs campagnes, ils eurent la surprise de découvrir, dans une jarre scellée, des manuscrits d’époque romaine, que l’on peut faire remonter au IIIe siècle de notre ère.

Parmi eux, une œuvre d’une valeur inestimable qui a affolé le monde de la philologie : on avait retrouvé une édition quasi complète du fameux Satyricon de Pétrone, qui reste à ce jour le premier roman de la littérature occidentale et qui ne nous était parvenu jusqu’alors que dans une version mutilée et fragmentaire. Il raconte des aventures picaresques de personnages hauts en couleurs.

L’édition et la traduction de cet énorme manuscrit ont été confiées au professeur Étienne Ponchon de l’université Paris IV-Sorbonne. Il nous livre ici le premier tome d’un roman fleuve qui en comptait vingt-quatre en tout. Nous avons conservé les notes du traducteur.

Image : source Wikipedia, oasis d'al-Kharga.