29 avril 2009

Sondage benêt de mai


Ne reculant devant aucune compromission pour attirer un second lecteur sur ce blog, j'ai décidé de m'abaisser à proposer un sondage "à la con" (tu me passeras l'expression, mais c'est la plus parlante ; j'ai mis minus habens en titre parce que ça fait mieux, mais l'idée est la même).

Je dois dire que l'idée m'a été inspirée par tout ce qui se présente sur Fessebouc, sauf que dans le mien il n'y aura pas de fautes d'orthographe (ou alors pas exprès). J'entame mai avec celui qui se trouve à droite. S'il obtient le succès escompté, j'en proposerai un par mois. Même s'il n'a aucun succès, j'en ferai sûrement un autre parce que je me suis fait rire tout seul aux éclats (ma femme a cru que je mourais). Je livre le questionnaire suivant à ta sagacité habituelle (aucune compromission, je t'ai dit) :

Si tu devais choisir, est-ce que tu préférerais :
  • Que l'humanité disparaisse ?
  • Que les (autres) animaux disparaissent ?
  • Que les plantes disparaissent ?
  • Les trois en même temps ?
Et n'oublie pas, ton avis est important !

Image : source Wikipedia, NASA, Don Davis

28 avril 2009

Hadopi que pendre


On se sent parfois loin de la France. En particulier en Hongrie où la législation sur le téléchargement est quasi-inexistante. Cela explique peut-être pourquoi je me réveille un peu tard. Je lis dans Le Monde que la loi Hadopi est réinscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale à partir de demain mercredi 29 avril.
Bien sûr, il ne suffit pas de dire que cette loi est mauvaise et absurde, que sous couvert de protéger la création, on donne des garanties aux grandes compagnies, et au gouvernement de nouveaux moyens de surveiller les citoyens.

Alors, j'ai mis un petit bandeau, un peu dérisoire en bas de ce blog. J'aurais bien signé l'appel aux auteurs de science-fiction relayé par ActuSF, mais je n'ai pas bien compris comment joindre ceux qui en sont à l'initiative. J'espère que le monde se remettra de mon absence.

Couverture bonus des Gorgonautes


J'y faisais allusion il y a quelques jours : voici la couverture rejetée des Gorgonautes dessinée par Vincent Dutrait. Je te la propose en bonus (avec l'autorisation de l'artiste). N'hésite pas à aller voir les autres dessins de notre illustrateur sur ses galeries. Ça vaut le coup d'œil.

Là, tu vois notre ami Héraclès (ou Hercule) en train de poursuivre Niréus, prince de Symé, dans les vagues azurées de la Méditerranée. Ce sont les mêmes personnages qui ont été choisis par Didier Graffet pour la couverture finale (regarde à droite), toujours en train de se battre, avec la mer et un navire, mais en plus sombre et tourmenté. Cette fois, Niréus est de dos.

Pour une fois, j'aurais eu mon héros de face. Parce que, si tu regardes bien, sur la plupart de mes couvertures, le personnage principal est de dos. J'ai tendance à penser que ce n'est pas un hasard si les illustrateurs, qui ont souvent le réflexe déontologique de lire au moins les premiers chapitres des romans qu'ils illustrent, choisissent de représenter mes héros de cette manière. En même temps, je n'ai pas vraiment d'explication à ce phénomène. Peut-être que je me fais des idées, après tout. Va voir par toi-même pour te forger une opinion (mais non, c'est pas de la pub).

27 avril 2009

La fête continue

Salut lecteur,

Ô joie, ô merveille ! J'ai enfin trouvé comment mettre des retours ligne pour les paragraphes ! Du même coup, j'ai décidé de justifier les articles (même les plus anciens, alors que j'avais la flemme) et tout a été frappé d'alignement. J'espère qu'on y gagne en confort de lecture.

J'ai aussi ajouté le libellé suivant :
  • Pour ceux qui aiment les séries : parce que, je sais pas toi, mais moi j'aime ça.
D'ailleurs si tu as envie d'en savoir plus sur les séries, va faire un tour de ce côté. Dis-leur que tu viens de ma part, sinon, ils te laisseront pas entrer (en tout cas pas dans cette tenue).

Vale

Dexter ou la métaphore équivoque


Finalement, j'ai réussi à terminer la troisième saison de Dexter, série américaine assez culottée. Je commence par un titre pédant pour te montrer que ça ne va pas rigoler et que c'est pas parce qu'on cause de série américaine qu'il faut se relâcher du cortex. Commence par aller voir le générique, histoire de voir de quoi je parle.

Dès l'ouverture, la métaphore est en place. On assiste à tous les gestes du quotidien, plus précisément ceux du lever. Dans une musique guillerette et ironique, faussement détendue, tous les rituels du matin sont passés en revue depuis le rasage jusqu'à l'habillage en passant par le petit déjeuner. On comprend rapidement que quelque chose cloche parce que dès le rasage, du sang apparaît et donne le ton. Tout le reste sera à l'avenant. La viande que l'on fait cuire évoque, par la magie des gros plans, un corps que l'on écorche avant de se livrer à un cannibalisme gourmand. L'oeuf sur le plat éclate comme un oeil percé et le ketchup reprend le motif de la tache de sang. L'orange (sanguine, bien sûr) que l'on presse rappelle de la chair en bouillie. Même le laçage des chaussures a de faux airs de strangulation. En outre, on ne cesse de jouer à cache-cache avec le visage de l'homme dont le lever nous est présenté. Il apparaît par métonymie : sa bouche, sa gorge, ses bras. Il sera identifié dans les dernières secondes, émergeant d'un t-shirt qui semble l'étouffer : c'est Dexter. Et quand Dexter ôte la clé de la serrure, on dirait qu'il ressort un couteau d'une plaie. Il part de chez lui et nous adresse un signe de tête. Bien sûr, c'est notre voisin !

Qui est Dexter ? C'est un jeune homme sympathique qui a été trouvé dans une mare de sang tout petit alors que sa mère venait d'être exécutée par des gangsters. Le flic qui l'a découvert l'a adopté. Il s'est aperçu que ce passé perturbant a laissé des traces chez Dexter. Il aime tuer, voir le sang jaillir. Comme il s'est pris d'affection pour ce fils adoptif un peu spécial, il lui enseigne un code qui l'empêchera de tomber aux mains de la police. D'abord, ne tuer que des meurtriers qui échappent à la justice. Ensuite, prendre des précautions pour ne pas être démasqué. C'est ainsi que Dexter rentre dans le rang : il travaille dans le département de police de Miami comme expert en taches de sang. La nuit, il rôde pour tuer ses semblables. Il est donc tout entier occupé à canaliser ses pulsions assassines de manière à s'intégrer au mieux dans la société.

Au départ, je n'étais pas très chaud pour regarder une série qui fait d'un tueur en série son héros. Je crains toujours un spectacle racoleur, ou bien la banalisation. C'est ce qui me retient encore de regarder Les Soprano qui prend pour personnage principal un parrain de la mafia. Dexter échappe à tous ces écueils. D'abord, il met le spectateur dans une position inconfortable : c'est un tueur, certes, mais il tue des tueurs. Dans un pays qui pratique la peine de mort, le discours est extrêmement ambigu : si la société tue les assassins, pourquoi les citoyens ne pourraient-ils pas s'en charger eux-mêmes ? En même temps, il devient également un assassin et mérite à son tour la peine de mort. Cet aspect est souligné à de nombreuses reprises dans la saison 2, où l'on découvre les victimes du "Bay Harbour Butcher", tueur en série qui n'est autre que Dexter. Les personnes interrogées aux informations affirment pour beaucoup être contentes que quelqu'un fasse le sale boulot à leur place. Cette ambiguïté se poursuit dans la saison 3 où l'on croise un adjoint au procureur qui a des méthodes expéditives. De là à dire que Dexter et le procureur font le même métier...

Dexter est un miroir proposé à la société américaine, ainsi que les autres. La série sera bien plus anticonformiste qu'une série comme Californication qui, à mon sens, sous couvert d'impertinence, est au fond assez réactionnaire. Car Dexter cherche absolument à vivre une vie normale, même s'il n'éprouve pas vraiment d'émotions. On le voit se chercher un frère et une soeur dans la saison 1, puis un ami dans la saison 3. Mais il ne fait qu'imiter les sentiments et les réactions de son entourage, de jouer le rôle qu'on attend de lui. Dans ce cas-là, il commente en voix off, nous montrant qu'il n'est pas dupe. Il joue constamment sur l'équivoque pour nous prouver que sa vie de tueur ressemble à la nôtre (ainsi que le montrait déjà la métaphore du générique, présentant la violence sous l'apparent calme conventionnel du matin). La saison 2 est emblématique car elle joue sur le thème de l'addiction. La petite amie de Dexter est persuadée que celui-ci est accroc à la drogue. Il va donc aux Alcooliques Anonymes pour parler de son addiction avec des mots qui peuvent désigner aussi bien son désir de tuer que celui de boire. Ce procédé revient très souvent dans la série où les personnages parlent avec Dexter en employant les mêmes formules toutes faites, qui prennent un sens nouveau dans la bouche du tueur.

On pourrait se lasser de tout cela et c'est le risque à moyen terme. Pourtant, après avoir donné à Dexter un concurrent de poids, Icetruck Killer (saison 1), après avoir exposé son repère de cadavres (saison 2), après lui avoir donné un ami (saison 3), on ne sait pas ce que les scénaristes vont encore pouvoir trouver. Mais Dexter se crée une vie sociale de plus en plus fournie (amis, femme, enfants...), ce qui fait qu'on craint de façon croissante le moment où il sera découvert. Peut-être que d'ici-là on aura découvert d'autres secrets odieux chez ceux qui l'entourent. En tout cas, pour l'instant, ça tient sacrément bien la route. Tu devrais y jeter un coup d'œil. En plus la musique de fin est excellente (attends un peu que ça charge, ça vaut le coup).