10 février 2010

Valérian & Laureline ou la jouvence cosmique


Malgré l'actualité qui m'encoura- gerait à te parler de la fin de la série de Mézières et Christin en BD, avec la sortie du dernier album, je veux te parler plutôt de la série animée, diffusée en 2008 sur France 3. C'est en fait l'aboutissement d'un projet qui semble assez ancien. Si tu ne connais pas les albums, sache que les deux jeunes gens susmentionnés dans le titre sont des voyageurs spatio-temporels. Va les lire parce que c'est très bien. Personnellement, je me suis muni de la série animée dès que j'en ai appris l'existence.

Le point de départ est très proche de ce qu'on connaît des BD. Valérian, envoyé au Moyen-Âge pour son premier voyage spatio-temporel, rencontre une jeune et jolie rousse (ah, Laureline...), qu'il sauve des griffes d'un seigneur un peu entreprenant. L'ayant emmenée avec lui, dans son vaisseau, il se rend compte qu'il ne peut plus voyager dans le temps et qu'en outre, la terre du XXVe siècle a disparu. Les voilà condamnés à chercher la Terre en cherchant également du travail pour survivre à Point-Central, la station où se retrouvent toutes les nations de la galaxie.

Le choix est assez malin parce qu'il reste très proche du premier album de Valérian, Les mauvais rêves, tout en s'en éloignant un peu. Ainsi, les 40 épisodes apparaissent comme une sorte d'univers parallèle, comme il en existe déjà dans la BD. Dans cet univers, les Vlagos sont des espèces d' "encornets cosmiques" qui veulent tout conquérir et forment les ennemis de nos héros.

On retrouve dans l'histoire la plupart des créatures inventées par Christin et Mézières sur plus de quarante ans, notamment les Shingouz. Le ton de la série est bien conservé avec à la fois un dépaysement continuel, de l'humour, des thèmes engagés (les Vlagos sont de vilains pollueurs), un jeu sur la fiction (dans un épisode on rencontre Jules Verne). Certains épisodes sont de vraies réussites, notamment l'un qui met en scène un androïde doué de libre arbitre (me demande pas le titre, ils ont eu l'idée de mettre le mot "temps" dans chaque épisode et du coup on s'y perd complètement) ou celui qui se déroule dans un Paris virtuel.

La meilleure idée consiste à avoir développé le côté feuilleton. Si la plupart des épisodes peuvent se voir indépendamment les uns des autres, on a plaisir à retrouver des personnages secondaires que l'on voit évoluer peu à peu. Mais il y a aussi une vraie trame de fond qui permet, en arrivant à la fin de la série de retrouver des tas d'éléments disposés en cours de route et qui prennent sens à la fin. Les derniers épisodes sont un bonheur.

Pour l'occasion, les personnages ont été rajeunis. Ils ont des looks d'ados et les réactions qui vont avec. Il y a de quoi faire hurler le puriste mais je trouve que l'ensemble passe bien. Valérian et Laureline ne cessent de nier les sentiments qui les lient l'un à l'autre et c'est un plaisir d'assister à leurs disputes qui les emmènent vers des sommets de mauvaise foi. Classique mais fort réjouissant.

Les producteurs ont choisi de faire dessiner la série au Japon, comme pas mal de séries jeunesse. On peut être surpris au début par le mélange d'animation traditionnelle et de 3D. C'est inégal : certains épisodes sont très laids, mais ils restent toujours efficaces. D'autres fois, on se laisse prendre au charme des décors. Rien de honteux ici. Et, en plus, la musique est sympa.

Bref, je te conseille d'aller y voir de plus près. Bien sûr, ça s'adresse aux "djeuns", alors vas-y doucement : t'as plus l'âge.

2 commentaires:

Alexis a dit…

Bé, c'est bien la première critique positive que je lis, de ce truc que j'ai pas vu…
Il me semblait, alors que je suivais, de loin, la pré prod, qu'il y avait d'importante différences de vues entre les japonais et les autres au sujet de Laureline en particulier. Entre la jeunette à gros poumons qui sert de faire valoir au héros, et la co-héroïne qui se trouve être bien roulée sans que ça soit un problème notable…

CLAVELUS a dit…

Je n'ai vu aucune critique sur la série. Elles sont de quelle tonalité ?

Laureline est celle qui a le plus changé dans le relookage, mais on évite le pire, à mon avis, au niveau du caractère. Par de nombreux aspects, elle s'avère supérieure à Valérian, comme dans les BD.