19 avril 2009

2. Ceux qui dépriment profond

Eux, ils ne te parlent que les jours de pluie et des jours de pluie. Sont malheureux comme des pierres mouillées. Il suffit de t'approcher un peu trop de l'écran et tu sentiras les embruns de leurs larmes, le souffle de leurs soupirs et les hoquets de leurs sanglots.

Évidemment, ça va pas pour eux. Leur chat est malade, la concierge est méchante, les collègues font suer et leur mère n'arrête pas d'appeler pour savoir si ça va.

La dépression envahit même leur prose. Ils n'arrivent plus à terminer leur ligne, leur phrase, leur mot parfois. Ils s'épuisent, sont à bout.

Ils t'expliquent que leur vie ne vaut pas la peine d'être vécue et que la tienne n'a pas grand-chose à lui envier.

18 avril 2009

1. Ceux qui se la pètent grave

Sous un ton de fausse modestie affecté, ils te détaillent leurs derniers voyages, leurs plus récentes conquêtes, leurs exploits les plus frais.

Ils postent des photos d'eux à quinze ans, quand on voyait encore les abdominaux et qu'il n'y avait pas de cernes sous les yeux.

Ils te parlent de musiques que tu ne connais pas, des livres que tu ne liras jamais et qu'ils ont lus pour cette raison.

Des noms fleurissent sous leur clavier, ils t'en sèment à tous les vents : les stars qu'il côtoient, les célébrités qu'ils fréquentent, tout y passe.

Ils te disent qu'ils n'ont pas pu poster depuis longtemps parce qu'ils étaient, contrairement à toi, très occupés et qu'ils sont bien gentils d'accorder l'aumône de leur temps à ta misérable solitude.

Ouverture du bal

Salut à toi,

Puisque tout le monde le fait (ou donne l'impression de le faire), j'ai décidé de m'administrer une injection de panurgisme aigu et de faire un blog.

Tu remarqueras que je te parle au singulier, parce que le pluriel serait au-dessus de mes ambitions. Reste la question du ton à adopter. En explorant la blogosphère, j'ai cru repérer une certaine typologie du blogueur (tu me diras si tu es d'accord).